Quel bordel ! Il y a seulement quelques semaines, quelques jours, nous nous promenions paisiblement dans des rues gavées de monde, consommions outrageusement tout ce que la dollar society mettait à portée de nos bourses et de nos bouches calibrées et saines, embrassions nos enfants et serrions des pognes avec le sourire habituel de l’humain immortel. Libres et insouciants, nous avions tous les droits, même celui de croire en cet Etat providence, divin, protecteur et invincible, garant du moindre de nos écarts et de la vie qu’il nous autorisait, alors… Naïfs ô combien, nous avions fait de cette routine un théorème permanent, invariable, gravé dans un marbre absolu que rien ne pouvait fissurer. Dommage, rien n’est éternel, même pas nous…
G66
Il ne faut jamais tourner le dos à ceux que l’on a trahi… Juste retour des choses peut-être, qui pourrait le dire ? Il parait qu’on finit toujours par payer pour les fautes que l’on a commises…

Comment cette civilisation magique, qui a inventé la science et internet, celle qui prévoit de coloniser Mars et de greffer des cerveaux, a-t-elle pu ainsi se faire surprendre par un micro-organisme difformoïde roupillant consciencieusement dans le gras d’un « pangolin », cet animal improbable qui n’existe même pas dans les manuels de SVT de nos défuntes premières S de base… Si j’osais, et si la situation n’était pas finalement si dramatique, je rirais à chaudes larmes. Mais devant cette grotesque évidence que nous sommes tous des bouffons, prétentieux et arrogants, infiniment suffisants mais somme toute si inutiles, les larmes qui me palpitent ne sont pas drôles.

Elle nous avait pourtant mis en garde cette planète que nous asservissons toujours, elle nous parle, elle nous « crie », hurle depuis déjà si longtemps… Mais nous n’entendons rien, nous ne voyons rien, rien d’autre que ce qui vient de nous, que le résultat de cette intelligence unique, qui aujourd’hui bizarrement nous fait si cruellement défaut. Quels paradoxes mes amis... L’humanité virtuose fauchée en plein délire par un têtard mal dégrossi… Et cette intelligence figée, bloquée au milieu du guet, dépourvue de la moindre réaction, déjà morte peut-être…
Autistes de notre propre existence, il faut admettre que nous y sommes allés fort… Lorsqu’à la tête de la plus grande puissance économique mondiale, on place un débile profond, il ne faut pas s’attendre au meilleur, et probablement rien trouver d’étonnant non plus à ce que nous-mêmes, petits Français de circonstances, nous élisions un poète trader. C’est malheureusement par-là que passent toutes les diarrhées du monde. Ces trous du cul géants qui pilotent l’aéronef dans lequel nous sommes tous embarqués (contraints quelquefois mais consentants le plus souvent il faut le dire…), nous chient dessus à l’infini…

A l’issue de cette crise, si issue il y a… Il va falloir que nous, « les gens », les artistes en particulier, les guitaristes allez soyons fous, bref les humains dont l’intellect n’est pas guidé d’emblée par la bourse et les orgasmes bancaires, prenions notre part des responsabilités. Il est salutaire et urgent de définir de nouvelles règles, en s’appuyant dans nos rangs sur des têtes pensantes bien calibrées, afin d’aligner ce monde qui nous échappe à grand feu sur les valeurs humanistes que nous défendons tous (sinon vous ne seriez pas là… vous êtes musiciens bordel !). Ceci est un appel à la révolution pacifiste et à l’émancipation par la culture. Ce qui se passe actuellement n’a aucun sens, réagissez !…

Bien à vous tous,

Prenez soin de vous et des vôtres

@ très bientôt ici même, en musique !