De la même façon que nous ne jouons pas tous avec le même type de matériel, il y a différentes façons de concevoir la guitare sur scène (et pas que sur scène d’ailleurs…). Certains privilégient le côté « vintage », veulent rester libres de leurs mouvements et enclencher des pédales d’effets du bout du pied, d’autres programment absolument tout pour rester libres de leurs mouvements d’une autre manière. Quelques-uns (les plus vicieux comme moi…) poussent même jusqu’à utiliser un séquenceur… Des méthodes qui ont chacune leurs avantages, leurs inconvénients et leurs limites.

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Au tout début….. Il y avait une guitare et un ampli. C’était simple, sans prise de tête… On appuyait sur le bouton ON, on attendait quelques minutes que le grille pain monte en température, on branchait sa pelle et on envoyait le bois... Aujourd’hui, les choses sont un peu plus compliquées. Les avancées technologiques nous ont catapulté dans d’autres sphères. Difficile de concevoir l’ampli et la guitare seuls. Les effets se sont invités à la fête, ils ont envahi les catalogues de jouets, prennent des formes et des prix multiples et en font des tonnes pour coller à nos nouveaux besoins… Vous le savez, je suis personnellement un utilisateur inconditionnel de ces bébêtes depuis la première heure, depuis les meilleurs albums de Floyd, puis ceux de Rush, de Toto et autres monstres… Je ne sais pas jouer sans effets, ils font partie de ma culture guitaristique, au moins autant que l’ampli et la guitare. Bref, certains disent que je ne suis pas un vrai guitariste… Désolé, c’est comme ça, on ne se refait pas…

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Pied(s) au plancher…

On commence par une disto ou un overdrive, puis rapidement, se pointent le delay et les effets de modulation, et comme le son n’est toujours pas au rendez vous, on ajoute un compresseur ou un booster, ou plusieurs, il faut alors penser au noise gate pour éviter le pire, puis arrivent une wha et un volume. Et il y a aussi le switch de changement de canal de l’ampli et la télécommande du sèche-linge… Le pedal board est un truc qui se construit petit à petit, au fil du temps, « à l’expérience » diront certains. Et on finit souvent par se retrouver avec une usine à gaz sous les pieds avec des fils partout et des buzzzs dans tous les coins… Oui mais c’est ça, ça sent bon, c’est la vraie guitare avec les snakes qui s’emmêlent et les alims à la c…!!!!!

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Le gros avantage du pedal board, c’est qu’on peut choisir chacune des pièces du puzzle indépendamment les unes des autres. Quand on flashe sur une pédale overdrive, hop, on vire l’ancienne et on la remplace par la nouveauté du moment. Le reste ne change pas, le système n’est donc jamais figé. Je dirais même qu’il est en perpétuelle évolution et qu’il ne s’arrête jamais de « bouger ». Car l’offre pléthorique qui inonde le marché juteux des accessoires pour gratteux ne cesse de grandir. Certaines marques étant plus « pointues » dans un domaine particulier, cela permet de sélectionner et d’associer les meilleurs éléments suivant leur utilisation, exactement comme on le fait en hifi quand on est un vrai audiophile. Chaque pédale est bien là physiquement, ce qui permet de « retoucher » le son en live et en direct juste en tournant des boutons qui sont en général en nombre limité et donc assez faciles à appréhender.
Ensuite, il paraît qu’il n’y a qu’avec ça qu’on obtient le son de la mort, celui qui tue les neurones et permet d’avoir les sensations de jeu uniques que procure justement le « direct », avec la guitare dans l’ampli. L’idée étant bien sûr de limiter au maximum l’adjonction d’effets entre la guitare et l’ampli afin de conserver la moelle et l’âme originelle du « bousin »…

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Après, il y a le côté sombre… Nous l’avons un peu évoqué, à moins de réussir à se contenter d’un overdrive et d’un delay… on tombe vite dans l’usine à gaz avec des fifils à la papatte en nombre et tous les problèmes qui en découlent. Le marché étant par ailleurs « saturé » (celui-là je ne l’ai pas fait exprès) de marques et de pédales d’effets dans tous les styles, il n’est pas simple de s’y retrouver et de se fixer sur un (des) choix précis. Comme toujours, il faut souvent « acheter pour essayer », ce qui peut finir par coûter, la moindre boite représentant tout de suite un « petit » 150$. Le côté perso « à la carte » des pédales d’effets a donc aussi ses revers : on peut avoir le top en la matière mais du coup le registre sonore est un peu exclusif : avec une pédale, une seule couleur/identité sonore ou quasiment et si on veut plusieurs sons de disto, il faut plusieurs pédales de disto… Et ouais, une MXR ne sonne pas comme une Boss ou une Radial Tonebone…

Pour mon cas personnel, ce qui est rédhibitoire avec les pédales d’effets, c’est l’impossibilité de programmer des sons… S’il y a bien quelques boites sur le marché qui le permettent, elles sont rares et ne correspondent pas forcément aux besoins. Il est vrai que la majorité des gratteux n’utilise que deux ou trois sons mais rien que sur un delay, il y a tellement de possibilités qu’il m’a toujours semblé assez inconcevable de les réduire à une simple pédale d’effets « non programmable ».

La tête dans les étoiles…

Puis il y a le « midi » et toutes ses fantaisies, changer radicalement de son en un clic grâce un seul switch ou avec un pédalier de commande, s’ouvrir aux sons réservés aux claviéristes (je parle bien sûr les synthés guitares qui, il est vrai ne sont pas spécifiquement des « effets »)… Mieux, automatiquement et en USB avec un ordinateur, un séquenceur et des programs changes. Ce n’est plus le même monde mais ça fait réfléchir ! Dans la plupart des cas il faudra oublier les pédales d’effets à moins d’utiliser un patch/routeur midi et on se tournera vers un multi effets en rack ou sous forme de pédalier façon Pod HD ou Boss GT1000…

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Dans cette configuration, l’avantage immédiat réside dans la programmation et la multiplicité des sons que l’on pourra se concocter… Beaucoup moins de câbles et donc d’emmerdes, une compacité extrême permettant aussi un transport aisé d’une répète à l’autre ou du « local » au studio. De plus en plus souvent, les multi-effets jouent également le rôle d’interface audio et permettent d’enregistrer directement sans micro avec une facilité déconcertante, ce qui est quand même moins évident avec un ampli et des pédales...

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Au chapitre des inconvénients, certains diront qu’on ouvre alors un autre type d’usine à gaz, plutôt d’ordre informatique celle là, ce qui n’est pas faux… et qu’on passera aussi beaucoup plus de temps à chercher des sons et des solutions, qu’à jouer, ce qui n’est pas……. tout à fait faux non plus ! Par ailleurs, beaucoup ne retrouveront pas dans ces systèmes numériques la chaleur des lampes… Là-dessus, et toujours au risque de déclencher des tempêtes, je serai également assez mitigé. Branchez vous dans un Axe FX ou dans un Kemper et on en reparle !
Enfin pour terminer, et je pense que c’est finalement là que je voulais en venir, il y a des moments où la technologie nous entraîne très loin et où la programmation devient quasi incontournable… Lorsqu’on utilise plusieurs usines à gaz les une avec les autres, je pense notamment à un synthé guitare en plus du reste… difficile de sauter sur deux pédaliers en même temps ou de souffler sur les boutons pour faire changer un son… C’est là que le midi devient incontournable, même chez les guitaristes et n’en déplaise aux bûcherons !

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Et pour les « solitaires » fana des backing tracks, quand je vous aurai montré avec quelle simplicité on crée un « program change » au sein d’un séquenceur, vous n’aurez plus envie de vous déplacer sans votre Mac. Et même si les ordinateurs sur scène sont toujours regardés de travers, vous les adorerez, j’en fais le pari… Par ailleurs, il existe aujourd’hui sur ce plan d’autres solutions, plus simples. Des logiciels spécifiques fonctionnant sur iPad (ou même sur un téléphone) font le job (encore un prochain test dans les tuyaux…)

Tout cela est passionnant mais finit par devenir hyper chronophage et quelquefois même par prendre le dessus sur le travail de l’instrument lui-même… De plus en plus de guitaristes se disent eux-mêmes victimes de ce manège incessant du changement de matos, c’est la crise de G.A.S… que nous ne manquerons pas non plus d’aborder dans un très prochain article…
Et vous, vous en pensez quoi ? Faites nous part de votre expérience, le pedalboard ? Les racks programmables ? Les deux ensemble ?

@ très bientôt pour de nouvelles aventures !!!

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